Parcours doctoral de Ousseini Téoma Mamadou
Ousseini Téoma Mamadou est doctorant en socio-anthropologie de la santé à l’Université de Liège, dans le cadre d’une cotutelle avec l’Université d’Abomey-Calavi. Affilié au LASDEL, il mène sa recherche dans le cadre du programme STOP-NCD. Sa thèse, intitulée « Négocier le diabète au Niger : politiques globales et incarnation locale d’une maladie chronique », porte sur les politiques de prise en charge du diabète, les pratiques de soins et les expériences des personnes vivant avec cette maladie au Niger.
La première année doctorale (2024-2025) a été consacrée à la construction du cadre théorique et méthodologique. La revue de littérature a permis de préciser les principaux axes de recherche : la gouvernance du diabète et les relations entre politiques globales et réalités locales, le pluralisme thérapeutique et les trajectoires de soins, ainsi que les expériences vécues de la maladie. Cette étape a également permis de consolider le dispositif ethnographique, articulant l’étude des politiques publiques, l’observation des pratiques professionnelles et l’analyse des parcours des patients.
La deuxième année (2025-2026) a principalement porté sur l’exploitation des données recueillies à Niamey, Tahoua et Maradi et l’approfondissement des enquêtes de terrain. Les premières analyses ont mis en évidence les écarts entre la reconnaissance officielle des maladies non transmissibles et leur intégration effective dans la planification sanitaire, les budgets et les soins de santé primaires. Elles ont également conduit à approfondir l’analyse des trajectoires des patients avant le recours aux soins biomédicaux, en portant une attention particulière à l’interprétation des symptômes et aux négociations entre savoirs biomédicaux, locaux et religieux. Ces travaux ont fait émerger deux axes complémentaires : l’invisibilité institutionnelle du diabète, abordée à travers la notion de « pathologies hors système », et les temporalités sociales et thérapeutiques des parcours des patients.
Le doctorant a présenté ses travaux à la Conférence canadienne sur la santé mondiale en 2025, au colloque du LASDEL à Parakou en avril 2026 et lors des journées doctorales. Il a également participé, en 2025, à la cohorte de jeunes chercheurs de l’Organisation mondiale de la santé consacrée à la recherche sur la mise en œuvre des parcours de soins intégrés pour les maladies non transmissibles et la santé mentale. Cette participation a notamment conduit à la préparation et à la soumission à Annals of Global Health d’un article de politique publique intitulé « From service readiness to institutional integration: lessons from the HEARTS Initiative in Niger ». Dans le cadre de STOP-NCD, Ousseini TEOMA MAMADOU a contribué, en tant que coauteur, à trois articles scientifiques collectifs réunissant des chercheurs du consortium, dont un a déjà été publié. Ces travaux portent sur la mise en œuvre des politiques de lutte contre les maladies non transmissibles en Afrique de l’Ouest, les trajectoires de soins en contexte de pluralisme thérapeutique et les acteurs de la gouvernance sanitaire. Cette participation aux réflexions collectives du consortium a également nourri son travail doctoral, en lui permettant de confronter ses observations de terrain à des analyses comparatives et d’affiner ses questionnements sur la gouvernance du diabète, les pratiques thérapeutiques et les parcours des patients au Niger.
Les délibérations du Collège doctoral de l’Université de Liège, notifiées les 1er juillet 2025 et 1er juillet 2026 à l’issue de l’examen des rapports annuels d’activités, ont conclu à l’admission à poursuivre, tant pour la formation doctorale que pour le doctorat.
L’année doctorale 2026-2027 est consacrée à l’exploitation des données et à la rédaction de la thèse. À la suite des enquêtes menées au Niger et du séjour de rédaction scientifique au LASDEL à Parakou, Ousseini TEOMA MAMADOU poursuit l’analyse des matériaux recueillis. Le rapport de la phase complémentaire de terrain est actuellement en cours de rédaction. Cette étape vise à approfondir l’articulation entre gouvernance sanitaire, pratiques de soins et expériences des patients, en vue de consolider les résultats de la recherche et de poursuivre leur valorisation scientifique.





