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Appel à candidatures/communications LASDEL et autres

Colloque International de l’APAD, Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC)Yaoundé, du 27 au 29 mai 2026


Appel à communication

Panel 23 : (Il)Littératie et extractivisme : enjeux, résistances et réappropriations

Responsables de panel:
Prof. Dr. Erdmute
Alber : Université de Bayreuth et LASDEL ; erdmute.alber@uni-bayreuth.
Dr. Issifou Abou Moumouni : LASDEL ; issifou.abou-moumouni@uni-bayreuth.de

Argumentaire
En dépit de leur coexistence dans de nombreux
pays en Afrique, la (il)littératie et l’extractivisme sont rarement mis en réflexion simultanément. Pourtant, les logiques extractivistes se déploient désormais au-delà du domaine économique
pour intégrer les processus de dépossession culturelle, linguistique et
cognitive. De ce fait, elles affectent les capacités des communautés à lire,
écrire, comprendre et interpréter les dynamiques qui les traversent. Dès lors,
la littératie devient un enjeu fondamental de pouvoir, de résistance et d’autonomie. La (il)littératie est ici
perçue dans une perspective
hautement dynamique, relationnelle et contextuelle. Elle est comprise
comme une situation
largement influencée non seulement par les trajectoires individuelles, mais aussi par des contextes et même des politiques
publics. Sans la production sociétale de la littératie – par des normes et
standards, mais aussi la scolarisation obligatoire – l’illittératie, comme déficit et/ou manque de connaissance, n´existerait pas.

Plusieurs pays dans lesquels s’observent les pratiques
d’extractivisme, en raison de leur richesse en ressources naturelles, se
caractérisent par une présence non négligeable de personnes avec peu ou sans
compétence en littératie sous ses multiples formes. Cette réalité, même si elle
est souvent banalisée voire même ignorée, offre
tout de même la possibilité de penser à une corrélation implicite entre la (il)littératie et l’extractivisme qui semblent s’alimenter mutuellement. D’une part,
le maintien des diverses
formes d’illittératie peut favoriser le déploiement de modèles extractivistes à
travers le blocage des velléités de résistances et de protestation ainsi que la
limitation de l’accès aux outils juridiques et critiques permettant de contester
ces pratiques. D’autre part, l’illittératie peut être perçue comme une
conséquence structurelle de modèles extractivistes qui écartent les populations
des circuits de richesses, de connaissance, d’éducation et de participation
politique. En considérant que les logiques
extractivistes ont tendance
à affaiblir, invisibiliser ou subordonner les formes locales de savoir, de narration et
d’alphabétisation, il est loisible de s’interroger sur les formes de littératie
valorisées, ignorées ou détruites par l’extractivisme.

Dans le contexte de la forte pénétration du numérique
dans les pratiques quotidiennes, il est envisageable de penser à l’émergence de
nouvelles formes d’extractivisme qui peuvent alimenter et être alimentées par
de nouvelles formes de (il)littératie. L’illittératie numérique peut favoriser
l’extractivisme numérique qui prend en compte l’extraction des données
personnelles à des fins économiques, de contrôle et de surveillance. Ce panel
se propose d’interroger les rapports entre la (il)littératie et l’extractivisme
dans leurs multiples formes. Le but est d’ouvrir un espace de réflexion

interdisciplinaire pour penser autrement les liens entre
ressources, éducation et pouvoir. Ce panel a pour  objectifs  de :  a°)  Explorer  comment  l’extractivisme  affectent  les  processus  de

« (il)littératisation » dans leurs multiples formes ; b°) Interroger comment
l’absence ou la faiblesse de systèmes éducatifs inclusifs favorise
l’installation de logiques extractives ; c°) Identifier les possibles
continuités observables entre l’extractivisme de ressources naturelles et
l’extractivisme symbolique et d°) Comprendre comment la littératie est-elle
mobilisée à des fins de résistance à l’extractivisme.

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