Pays ayant le taux de fécondité des plus élevés au monde, le Niger se trouve confronté à l’impératif d’une politique de population qui lui permettrait de réussir sa transition démographique après avoir réussi sa transition épidémiologique.

Quels sont les facteurs socioreligieux qui déterminent les politiques de population au Niger ? Quelles sont les pesanteurs socioculturelles qui font obstacle à la mise en œuvre de ces politiques ? Cette étude cherche à répondre à ces questions qui se retrouvent aujourd’hui au cœur de la question de la croissance démographique au Niger. Qualitative, l’approche a consisté à analyser les perceptions, discours et pratiques autour de la fécondité et les initiatives du gouvernement. L’étude a porté sur un site urbain (Niamey) et un site semi-rural (Tchadoua).

Afin de maitriser sa croissance démographique, le Niger a adopté comme principale stratégie la baisse de la fécondité en promouvant en particulier des programmes de planification familiale (PF), de lutte contre les mariages précoces des filles, et d’éducation sexuelle dans le système éducatif. Mais la mise en œuvre de ces programmes rencontre de nombreux obstacles qui compromettent les résultats escomptés. Les comportements de fécondité au sein des populations restent fortement natalistes et se confortent autour de quatre variables :

Religieuse. Il existe une forte opposition contre la PF et les logiques démographiques qui la sous-tendent. Celles-ci sont perçues comme un péché et contredisent par conséquent les valeurs islamiques qui définissent la famille, le rapport de genre, etc. Tout un ensemble d’arguments théologico-religieux est mobilisé pour justifier les attitudes de rejet face aux politiques de population, mais aussi le comportement procréateur. Toutefois, il convient de noter que les positions sont nuancées suivant les acteurs religieux.

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