L’aide humanitaire face à l’insécurité alimentaire prend des allures et des formes diversifiées. Au Niger, les aides de type « cash for work » ou « food for work » sont bien connues et existaient depuis bon nombre d’années. Il s’agit d’aides avec contreparties qui sont données par des ONG/projets et parfois par l’Etat. De même les ventes à prix modérés et les distributions de vivres gratuits sont utilisées à vaste échelles en période de crise. Cependant, un nouveau type apparait dans la sphère de l’aide humanitaire : le « cash transfer ». Cette assistance en argent à destinations de ménages vulnérables est faite soit en permanence (projet « filets sociaux ») soit en périodes dites d’urgence par des institutions d’aide, et a pris corps dans les années 2005. La première fut l’œuvre de la Croix Rouge Britannique dans le département de Tanout. Avec les crises de 2010-2011 et 2012, les projets, les ONGs et même l’Etat, qui était au départ réticent, s’y mettent. Recevoir de l’argent sans conditionnalité est rarissime et très apprécié par les bénéficiaires. Cependant, le principal goulot d’étranglement réside au niveau du ciblage des bénéficiaires qui est une sphère d’exclusion et de mécontentements. Les avis sont mitigés en ce qui concerne les opérations inconditionnelles de « cash transfer » et certains de ses opérateurs (cas du PAM) sont en train d’évoluer vers une autre forme de cash qu’ils appellent « cash for assets » qui est une version « relookée » du « cash for work ».

 

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